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Rapport de fouilles archéologiques au Couvent des Cordeliers de Savenay

Fabien Le Roux : Rapport de fouilles archéologiques au Couvent des Cordeliers de Savenay, INRAP, avril 2020.

Extrait de la « Notice scientifique » (p.11), en page quatre de couverture.

L’étude du site de l’ancien couvent des Cordeliers à Savenay a permis de mettre en évidence un état de conservation supérieur à ce qui avait été estimé dans un premier temps. Une chronologie relative a pu être proposée, donnant lieu à un phasage qui a permis de restituer, du moins en partie, l’évolution de l’édifice.

© Inrap/F. Le Roux

Le diagnostic archéologique réalisé en 2016 avait permis de cerner convenablement l’évolution de l’édifice lors des XIXe et XXe siècles. Il n’avait cependant pu qu’effleurer les phases antérieures. La fouille archéologique préventive, réalisée conjointement aux travaux de restauration a permis de combler ce vide. L’existence d’un édifice originel construit entre 1410 et 1431 a pu être confirmé (phase Ia), même si beaucoup d’informations concernant ce premier couvent ne nous sont pas parvenues. Outre quelques modifications réalisées probablement entre la fin du XVe et le début du XVIe siècle (phase Ib), une imposante phase de travaux réalisé lors du second quart du XVIIe siècle (phase II) vient considérablement agrandir la surface habitable constitutive du couvent. Entre le milieu du XVIIe siècle et les années 1770, une nouvelle campagne de travaux (phase III) vise à rendre l’ensemble plus adapté aux nouvelles contraintes dues aux activités particulières exercées par le couvent des Cordeliers de Savenay lors de cette période. La façade méridionale du couvent prend alors l’allure qu’elle présente encore actuellement.

© Inrap/F. Le Roux

Après la constitution civile du clergé (1790) et jusqu’au déplacement de la sous-préfecture sur Saint-Nazaire (1868), le couvent des Cordeliers devient un édifice administratif (siège de district puis sous-préfecture). Durant cette période, plusieurs campagnes de travaux viennent modifier l’édifice, afin de le rendre plus adapté à ces nouvelles fonctions (phase IV). Des premiers soucis d’assainissement apparaissent également. Devenu École Normale de formation d’instituteurs entre 1872 et 1912, l’ensemble subira de nouvelles modifications (phase V) pour le rendre plus apte à accueillir les infrastructures nécessaires à la formation des maîtres ainsi qu’un internat. Les problèmes d’insalubrité s’avéreront alors plus criants, entraînant la fermeture de l’édifice en 1912. Depuis cette date, l’ancien couvent est propriété de la mairie de Savenay qui, après avoir fait détruire une bonne partie des bâtiments afin de régler une bonne fois pour toute les problèmes de salubrité, a utilisé les bâtiments épargnés pour héberger des locaux administratifs (poste, perception, tribunal de paix, etc…) ou des logements sociaux (phase VI). Tous ces services ont toutefois été déménagés durant les années 1970 et les locaux étaient inoccupés depuis 1979.

© Inrap/F. Le Roux

La restauration qui a précédé la présente étude correspond donc au dernier avatar de cet édifice, emblématique de l’histoire savenaisienne. Si, régulièrement, l’archéologie préventive permet d’étudier d’anciens couvents, comme celui des Cordeliers de Nantes ou des jacobins de Rennes par exemple, celui de Savenay présente plusieurs spécificités. Tout d’abord son implantation dans une petite bourgade, ce qui a eu pour conséquence que le couvent de Savenay n’a jamais connu les contraintes spatiales communes à ce type d’établissement. Ensuite, les soucis d’ordre matériel dus à la faiblesse des dons, surtout à partir du début du XVIIIe siècle, dont l’origine est la conséquence d’un phénomène observé un peu partout dans le royaume de France lors de la période, mais qui, à Savenay, a été plus lourd de conséquence du fait de son positionnement en milieu rural, dans un secteur alors réputé « pauvre ». Enfin, le devenir de cet établissement, sous-préfecture puis école normale, a engendré l’élaboration de nombreux documents iconographiques, source importante sur l’évolution de cet édifice lors de ces périodes mais donnant également des informations non négligeables sur ce qu’il était avant.

L’ouvrage sur le couvent de Savenay (p.83)

Le lecteur pourra être surpris, à la consultation de ce RFO, de la publication d’un ouvrage sur l’édifice avant même le rendu du présent rapport. Il nous faut préciser les circonstances de la rédaction de cet ouvrage. Il s’agit en fait d’une commande de la mairie de Savenay. Celle-ci désirait en effet la publication d’un ouvrage sur le sujet avant la fin du premier semestre de l’année 2019 afin de la faire coïncider avec l’inauguration de l’édifice, ainsi qu’avec le 600ème anniversaire de la fondation du couvent des Cordeliers de Savenay.

Les textes devaient être terminés avant le 31 décembre 2018 pour pouvoir envisager une publication au mois de mai 2019. Le post-fouille était à l’époque suffisamment avancé pour proposer un texte, mais pas suffisamment pour proposer des conclusions définitives.
Quelques divergences existent donc entre les conclusions de l’ouvrage et celles du présent rapport, entre autre concernant la phase Ib qui avait été perçue lors de la phase terrain mais pas assez caractérisée pour être présentée en l’état dans la publication.

La contribution de l’Inrap concerne le chapitre 1 (pages 17 à 76) de l’ouvrage qui concerne l’histoire de l’établissement de Cordeliers entre 1419 et 1789 (à l’exception de l’encart sur Nicolas Travers), ainsi que deux encarts concernant l’évolution de l’édifice entre 1789 et 1872 (pages 135 à 142) et entre 1872 et 1979 (pages 168 à 172).

Martin J.-Y. (dir.), Boucaud Y., Guibert O., Guibert P., Le Roux F. Pérennès R. et Prissard A., Le Couvent des Cordeliers de Savenay 1419-2019, Archéologie, Histoire et Mémoire d’un Patrimoine, éditions du Petit Pavé, Brissac-Quincé, 2019.

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