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Ecole Primaire Supérieure (1912-1942)

L’histoire 1912

L’inauguration des écoles (première partie)

extrait du fascicule n°1, 1984, JY Martin


A l’été 1912, les deux bâtiments sont construits et le 1er octobre de la même année, c’est l’ouverture des locaux pour les élèves. Le 6 du même mois, l’inauguration a lieu en présence de personnalités locales et départementales et sous la présidence de Monsieur GUISTH’AU, Ministre de l’Instruction Publique.



LES CEREMONIES D’INAUGURATION

LE 6 OCTOBRE 1912

Inauguration

La journée du 6 octobre 1912 fut préparée avec la plus grande activité et le plus grand soin, pour l’arrivée et la réception du ministre par le Comité des Fêtes (dont les membres étaient : MM. LE BRETON, SAUZEREAU, BOURMALO, HASLE, DESMAR, GALLONIER, BARTHELEMY, GUINEL, JOST, ROBERT, BELIARD, LANDAIS, CHEIX, AGAISSE) et par la municipalité de Savenay.

La municipalité orna le boulevard de la Gare et les rues que traversa le cortège ministériel de trophées et de guirlandes et la Compagnie d’Orléans transforma les salles d’attente en luxueux salons pleins de fleurs venues spécialement de Nice par le train.

Cette fête républicaine commença par l’arrivée de M. GUISTH’AU, ministre de l’Instruction Publique et des Beaux Arts, député-maire de Nantes et Grand Maître de l’Université de France, dont le discours sur l’enseignement primaire était particulièrement attendu. De nombreuses personnalités de la Région étaient également invitées comme : les membres de la S.A. des Hauts Fourneaux et Fonderies et les membres de la Chambre de Députés. M. GUISTH’AU aurait du arriver à Savenay à 8h 30, mais un retard de train le fit arriver à 9h 27. M. TEXIER, maire de Savenay, présenta son Conseil Municipal au Ministre. Après la réception à la gare, le cortège se rendit à l’Ecole Normale. Il traversa la route pour inaugurer l’Ecole Primaire Supérieure, puis il se rendit visiter le nouveau pavillon de l’Hospice.

M. Aristide BRIAND, Garde des Sceaux, aurait du être présent, mais, comme il le dit dans un télégramme qu’il adresse au Maire de Savenay le 3 octobre : « Je suis très sensible à votre aimable insistance et je regrette très vivement que les circonstances ne me permettent pas de me rendre dimanche prochain à votre invitation. Je vous prie de vouloir bien être auprès de vos concitoyens l’interprète de mes meilleurs remerciements et de mon affectueuse sympathie ».

Vers midi, le cortège ministériel se dirigea vers la nouvelle École Normale dans la grande salle de récréation des élèves maitres pour le banquet.

Ce banquet, confié aux soins de l’excellent Hôtel du Chêne Vert, tenu par M. LEPAGE, fut des plus délicats en même temps qu’il satisfît les meilleurs appétits. Figuraient au menu : huîtres sauce échalote, beurre frais, langouste sauce mayonnaise, jambon d’York, veau froid à la gelée, dinde rôtie, poulet rôti, salade, fromages, fruits, gâteaux assortis, vin blanc et vin rouge, champagne, café... Le Comité étant soucieux de l’ordre parfait et ne voulant rien laisser à l’imprévu, décida que les cartes du banquet ne seraient délivrées qu’aux personnes qui se seraient faîtes inscrire. Il existait deux sortes de cartes pour l’inauguration des écoles.

L’une était bleue et était envoyée aux personnes invitées par la mairie, l’autre était blanche et destinée aux personnes qui désiraient assister à cette fête et qui payaient leur participation. Le prix en était de 4 F. Dans la salle de la nouvelle Ecole Normale, « les tables avaient été disposées perpendiculairement à la table ministérielle, une tribune avait été élevée pour les orateurs, de telle façon que tous les convives », qui furent plus de 600, sans quitter leur place, pouvaient entendre parfaitement les discours.

Les syndicalistes instituteurs se plaignaient des réformes scolaires et du statut des fonctionnaires. Des syndicalistes avaient été invités, mais, comme le dit le Président de l’Amicale des Membres de l’Enseignement Public de Loire-Inférieure, M. MERCIER, instituteur à Nantes, dans la lettre qu’il adresse au Maire : « je considère comme regrettable l’installation d’une école normale à Savenay, plutôt qu’au Chef Lieu. Ma présence à votre fête d’inauguration ne manquerait pas de provoquer des interprétations et commentaires que je crois préférable d’éviter ».

M. GUISTH’AU, dans son discours, a tracé nettement le devoir de l’instituteur en disant, notamment : « la liberté du fonctionnaire n’est pas plus sacrée que celle du père de famille et l’instituteur ne peut se rapprocher du peuple que pour l’améliorer, non pour prêter à ses faiblesses l’appui de son autorité ». Ce discours était attendu et les commentaires de celui-ci furent présentés dans toute la presse nationale, Le Matin, l’Aurore, le Figaro, l’Humanité, la Lanterne, Le Petit Parisien, l’Evènement, l’Echo de Paris ... . De nombreuses personnalités prirent aussi la parole, tels que M. TEXIER, qui fut, de longues années, économe de l’Ecole Normale de Savenay et M. Gérard VARET, recteur de l’Université de Rennes. De nombreuses distinctions honorifiques furent distribuées au cours de ce banquet, notamment à Madame ALLAIR, Dame Patronnesse des Ecoles Laïques de Savenay.

La journée se poursuivit avec de nombreux spectacles. Pour cela, le Comité s’était assuré le concours de M. MANEYROL, l’aviateur dont les précédents vols dans la région avaient été fort remarqués. Le brillant élève de BLERIOT avait trouvé dans l’hippodrome, vaste et bien aménagé de la Touchelais, un magnifique champ d’aviation.

Maneyrol

La fête de l’inauguration des écoles fut une réussite au niveau de l’organisation, mais un peu moins au niveau budgétaire. Ils n’ont pas réussi à équilibrer leurs recettes (4.609,50 F.) et leurs dépenses (4.849,90 F.), car ils ont obtenu un déficit de 240,40 F.

Récit établi par I. RAGUIDEAU et F. GUILLET
A partir du dossier «  Fêtes d’inauguration du 6 octobre 1912  » Archives Municipales de Savenay

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