// Vous lisez...

Ecole Primaire Supérieure (1912-1942)

L’histoire 1913

Rapport du directeur de l’EPS

DEMANDANT LA CREATION D’UN QUATRIEME POSTE DE PROFESSEUR (février 1913)

« L’Ecole Primaire Supérieure de Savenay est une école de plein exercice et, bien qu’il n’y ait actuellement qu’une notion d’enseignement général, l’horaire comprend 88 heures d’enseignement par semaine (gymnastique non comprise) à répartir entre 3 professeurs qui doivent donner chacun 20 heures au maximum et le directeur qui en donne 10, soit au total 70 heures pour tout le personnel.
Pour pouvoir donner 88 heures d’enseignement en 70 heures, il n’y a que deux moyens :
1°) Supprimer certains enseignements ou diminuer le nombre d’heures qui leur est attribué. La suppression totale ne peut être envisagée et la réduction ne peut porter que sur les enseignements dits parfois « accessoires », mais qui, pour certains élèves se destinant à l’industrie, sont fondamentaux, tels le travail manuel et le dessin. Actuellement, j’ai usé de ce moyen en supprimant une heure de travail manuel dans chaque année, mais je dois dire que c’est là un pis-aller contre lequel certaines familles seraient, un jour ou l’autre, fondées à élever des objections.
2°) Réunir plusieurs années pour certains enseignements. J’ai usé de ce moyen en réunissant :
a) La deuxième et la troisième année pour les enseignements suivant : anglais, travail manuel et dessin.
b) Les trois années pour l’écriture et la musique ;
Ce moyen offre aussi des inconvénients graves qui vous apparaîtront facilement :
Plus les élèves sont nombreux, moins l’action du professeur est efficace sur chacun d’eux car le temps dont il dispose se trouve réparti sur un contingent plus fort ; par la suite, les élèves moins exposés à des interrogations moins fréquentes peuvent s’abandonner à la paresse puisqu’ils courent moins de risques.
Il en est de même en ce qui concerne les conseils individuels que le maître est amené à donner par la nature même de certains enseignements : dessin, travail manuel, écriture. Et songez que, dès cette année, ce groupement réunit fréquemment 33 et parfois 55 élèves avec un seul maître. Or, j’estime que le nombre de 35 ne devrait pas être dépassé.
3°) Le groupement présente un défaut capital parce qu’il assujettit aux mêmes leçons et aux même exercices des élèves dont le programme est souvent différents. C’est une gêne pour le professeur qui doit les conduire au même pas, bien que leur degré d’instruction soit différent et leur intelligence ouverte inégalement par suite de la différence d’âge. D’autre part, les élèves plus avancés perdent du temps si le maître se tient au niveau des élèves moins avancés et réciproquement.
4°) Dans les travaux d’atelier où les élèves se livrent à des exercices d’autant plus variés qu’ils sont nombreux, la responsabilité du maître se trouve fortement engagée si le nombre des élèves est élevé. Si le professeur veut éviter des accidents toujours possibles, la seule surveillance absorbe toute son attention et lui permet à peine de donner à chacun des conseils et des directions utiles.

Le groupement, admissible dans une école dont l’effectif est faible, devient préjudiciable aux élèves lorsque cet effectif dépasse certaines limites et, à mon avis, ces limites sont déjà dépassées à l’Ecole Primaire Supérieure de Savenay. J’ai donc l’honneur, Monsieur le Maire, de vous proposer un remède à la situation suivante ; en même temps qu’il corrige les défaut de notre organisation présente, ce remède prépare l’avenir, c’est-à-dire, procure le moyen de parer aux nécessité nouvelles que créera, un jour ou l’autre, l’existence de sections spéciales et, peut-être, d’une quatrième année. Déjà un petit nombre de nos élèves se destinant, les uns aux Postes, les autres aux Chemins de Fer, auraient besoin de leçons spéciales adaptées à leur destination que l’insuffisance de personnel ne permet pas de leur donner actuellement et le nombre de ces élèves ne fera que s’accroître, j’en sui persuadé.

Le remède proposé consiste dans la création d’un quatrième poste à l’Ecole Primaire Supérieur de Savenay, destiné à un professeur de sciences. Le personnel pourrait alors donner 90 heures d’enseignement et, chaque année, recevrait séparément les divers enseignements et pendant un nombre d’heures strictement égal à celui que fixent les instructions officielles. Les heures qu’ont pourrait économiser en maintenant quelques groupements seraient affectées aux élèves qui se destinent à des carrières spéciales. Les seules dépenses qui en résulteraient pour la ville, seraient celles du logement et de l’indemnité de Résidence de 100 F., mais j’estime que la Ville récupèrerait largement ces sacrifices parce que, en assurant à tous les élèves, quelle que soit leur destination, une préparation dans les meilleures conditions, le recrutement de l’école augmenterait dans de notables proportions. » (...)

Extrait du registre des délibérations municipales de Savenay

Commentaires

Pas de Message