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Collège Moderne (1942-1959)

Années 1934-1945

Effectifs et recrutement au collège moderne

extrait de la brochure n°2, JY Martin, 1985


En 1933-1934, la classe de première année compte 37 élèves. Cette année-là, il y a eu, au total, 90 pensionnaires environ, parmi lesquels les élèves de l’école d’application faisant fonction d’école annexe de l’Ecole Normale, du cours préparatoire aux concours d’entrée dans les E.P.S. et des redoublants de première, deuxième et troisième années.

En 1938, les élèves viennent essentiellement de Savenay et des petites communes des environs. Dans les écoles de ces communes, seuls les premiers de la division du Certificat d’Etudes sont envoyés à l’Ecole Primaire Supérieure, « aux études » disait-on alors. Certains, parmi les non savenaysiens, viennent quotidiennement en vélo à l’école, mais beaucoup de ceux qui habitent Lavau-sur-Loire, Bouvron, Le Temple, Cordemais, Prinquiau, Quilly, Campbon, sont pensionnaires chez l’habitant à Savenay. Professeurs et élèves logent ainsi parfois sous le même toit.

Dans l’immédiat avant-guerre, l’E.P.S. connaît une crise des effectifs que les évènements liés à la guerre vont accentuer. En 1939, l’E.P.S., sans locaux, sans directeur, avec des professeurs mobilisés, ferme. La réouverture, qui intervient après des réactions vigoureuses, se fait sans internat, ce qui provoque une nette diminution du nombre d’élèves et inquiète le directeur, M. GRADAIVE : « Il est fort regrettable que la suppression de l’internat ait entraîné une baisse considérable de l’effectif scolaire, de nature à mettre en doute le développement et l’existence même de l’E.P.S. de Savenay. Cependant, malgré les circonstances difficiles, le nombre des externes a légèrement augmenté, ce qui prouve l’attachement que la population et la municipalité de Savenay portent à leur école ». (le 24 mai 1940).


Durant l’année scolaire 1940-1941, du jour au lendemain, il faut vider les lieux pour les locaux désaffectés de l’ancienne Ecole Normale -ex. couvent des Cordeliers- au square des Tilleuls.
C’est pourtant la guerre qui, indirectement, va provoquer, l’année même de la transformation en Collège Moderne, un nouvel afflux d’élèves réfugiés ou repliés, en 1942 et en 1943, après les bombardements meurtriers de Saint-Nazaire et de Nantes.

Entre l’année scolaire 1942-1943 et la suivante, le nombre des élèves passe de 83 à 173, au 5 novembre 1943, dont 82 filles et 91 garçons.
Dans son premier rapport en tant que Principal du Collège Moderne, M. GRADAIVE le souligne ainsi : « Au cours de l’année scolaire 1942-1943, qui a vu la transformation de l’ancienne école primaire supérieure en collège moderne, l’effectif a dépassé considérablement le maximum des années de prospérité qui suivirent la guerre 1914-1918, donnant enfin à l’établissement une importance en rapport avec les sacrifices financiers consentis par les administrations municipale et nationale.
Ce résultat, dû évidemment au travail et à la ténacité des maîtres, est aussi dû à la bienveillance de l’administration et, plus particulièrement, de celle de Monsieur le recteur qui n’a pas hésité à soutenir de son autorité le directeur dans les moments difficiles de 0939 et 1940, moments pendant lesquels il était beaucoup plus question de suppression que de développement de l’Ecole.

Enfin, dans les circonstances pénibles dans lesquelles les établissements de Nantes et de Saint-Nazaire se trouvent placés, le directeur et le personnel feront tout leur possible pour que les élèves repliés puissent trouver au Collège Moderne de Savenay, non seulement le bénéfice des connaissances, mais encore le réconfort moral et de dévouement. »
Ces nouveaux élèves prennent également pension chez l’habitant, ou bien regagnent leurs foyers chaque soir par le train pour Cordemais, Saint-Étienne de Montluc, Couëron. On les appelle « l’équipe du train ».
En 1942-1943, le coût moyen d’un élève externe, obtenu en divisant le total de la dépense annuelle ordinaire d’externat par le nombre total d’élèves, est de 1.236 F. Les tarifs scolaires sont de 4.500 F. pour les internes et de 2.160 F. pour les demi-pensionnaires.
En 1942-1943, la composition socio-professionnelle des familles des élèves du Collège Moderne (95 au total) est la suivante : la plupart sont des enfants d’ouvriers (37), de fonctionnaires et d’employés d’administrations (30), de commerçants (13) et de cultivateurs (12). Trois seulement sont des enfants dont les parents exercent une profession libérale. Le nombre des réfugiés est d’une vingtaine d’élèves, venus, pour la plupart, de Saint-nazaire.
Avec cette arrivée de nouveaux élèves venus des grandes villes voisines, de rurale qu’elle était, l’E.P.S. se transforme en un collège désormais plutôt urbain, avec un évident changement d’état d’esprit, ne serait-ce que parce que la discipline est moins facile à assurer avec un recrutement plus important et de nature différente.

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