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Ecole Primaire Supérieure (1912-1942)

Années 1920-1938

Discipline et vie scolaire d’avant-guerre

extrait du fascicule n°2, JY.Martin, 1985


D’une façon générale, il y a peu de chahut. Le directeur, Mr. GRADAIVE, impose le respect par sa seule présence. Lorsqu’il entre dans une salle d’étude ou de cours un peu bruyante, un silence total s’établit. Cependant, les élèves demeurent assis. Généralement, on entre en cours en bon ordre, sans bousculade.

Pour ce qui concerne la tenue vestimentaire, la blouse gris foncé est obligatoire pour les cours et, pour les sorties des internes, on exige le port de la casquette bleu marine avec l’écusson.

Le jeudi matin, il y a étude, écriture, devoir de mathématiques, ou composition française. L’après-midi, pour les internes, une promenade surveillée a lieu et, tous les quinze jours, s’il n’y a pas de retenue qui l’empêche, la sortie libre est autorisée. S’il n’y a ni sortie, ni retenue, il est toujours possible de sortir avec les parents ou avec un correspondant.
Entre élèves, on ne parle jamais de sortie, mais de « D.K.L. » (prononcer « décale ») et cette D.K.L. a même son chant que l’on chante au moment des départs en vacances sur l’air des Allobroges et dont voici le texte avec ses variantes :


« Quand tu parais « décale » radieuse A l’horizon nous te voyons venir Et nous chantons : la joie la vie heureuse Qui nous rappelle de brillants souvenirs Tu nous ramènes un rayon d’espérance A tous ces cœurs brisés par la douleur, par la douleur Sois donc bénie, « décale » O délivrance O liberté, O liberté, écoutez nos clameurs ! … » « Savenay, nous te quittons Sans regret, sans amertume Joyeux nous te laissons (variante : ensemble nous chantons) Tes blondes et tes brunes Chantons, chantons amis La grande liberté, ohé, Le lien qui nous unit C’est la fraternité (bis) (variante : l’envie d’s’en aller). » « Dès le matin debout avant l’aurore Nous nous levons poussant des cris joyeux Car pour nous la joie est près d’éclore Oui car bientôt nous quitterons ces lieux Oui car bientôt ces bâtiments austères Vont se passer de nous quelques temps Et en voyant l’astre qui nous éclaire Nous irons loin dans le pays et les champs. » « Et quand enfin tu seras la dernière Chère « décale » nous te fêterons Dans un banquet où la promo entière Te fêtera et boira en ton nom Plus que jamais les Savenaisiens sont frères Et oubliant leurs plus tristes pensées Proclameront la devise si chère O liberté, O liberté, il faut tout oublier (Variante : Egalité, fraternité, amour et liberté) ».

Il arrive parfois à certains internes de « faire le mur » pour différentes raisons : aller voir le train… prendre un bain au « barrage » … ou se rendre chez Mme LE DU, qui tient un café-bureau de tabac place des Halles. Dans ce café, il existe une sortie qui donne rue Madame JAN, ce qui permet d’échapper aux poursuites en traversant la cuisine.
A la fin de l’année scolaire, alors que les examens ont été passés (B.E. et B.E.P.S.) un professeur accompagne les élèves dans les bois du Brossais où il organise des jeux : proverbes, « pouchinchi-pouchincha », etc… genre de distractions qui serait certainement jugé bien désuet aujourd’hui.

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