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Collège Moderne (1942-1959)

Années 1936-1945

L ’E.P.S. ET LE COLLEGE MODERNE DE SAVENAY DANS LA « GRANDE HISTOIRE »

Partie 1/5


Dans l’avant-guerre, les souvenirs historiques des anciens élèves sont peu nombreux. Certains se souviennent malgré tout qu’au moment du Front Populaire, en 1935-1936, on pouvait entendre parfois des chants révolutionnaires comme, par exemple, « La jeune garde » et que des bagarres éclataient parfois entre sympathisants « Croix de feu » et sympathisants « communistes ».
Mais c’est bien la guerre, et ses conséquences multiples, qui marque le plus l’histoire de l’Ecole Primaire Supérieure et du Collège Moderne.

1939-1940

Dès le début de la guerre, l’Ecole Primaire Supérieure entame une série de déménagements à répétition. Dès le 1er septembre 1939, la décision de fermeture de l’internat est prise et la rentrée scolaire n’a pas lieu en l’absence de M. GRADAIRE et des professeurs mobilisés. A ce moment, l’existence même de l’E.P.S. est en jeu.
Le service de santé militaire de l’Armée Française occupe les bâtiments de l’Ecole Normale de Savenay. En conséquence, les élèves de l’Ecole Normale et leurs professeurs se déplacent vers les bâtiments de l’Ecole Primaire Supérieure voisine. Ils n’ont que la rue Malègre à traverser. Ainsi, mais pour des raisons différentes, se trouve recréée la situation de 1914, où deux ans seulement après son ouverture et son inauguration, l’E.P.S. devait accueillir l’Ecole Normale dont les bâtiments étaient transformés en hôpital militaire, français d’abord, et ensuite américain.
La rentrée de 1939 ne s’effectue qu’avec deux mois de retard. L’Ecole Primaire est cantonnée dans trois pièces de l’aile nord. Il n’y a que quelques pensionnaires seulement, dont HERVEL, AOUSTIN et COESPEL.
Au cours de cette année scolaire 1939-1940, la fin de la « drôle de guerre » et le déclenchement effectif des hostilités provoque un premier déménagement de l’E.P.S. vers l’ancien Couvent des Cordeliers. « Depuis l’ouverture des hostilités, les locaux habituels de l’E.P.S. de Savenay sont occupés par l’Ecole Normale d’Instituteurs de la Loire-Inférieure. En raison de cette situation, l’E.P.S. a du s’installer dans des locaux de fortune qui ne permettent pas le fonctionnement de l’internat. Ces locaux comprennent : un bureau pour le Directeur, trois salles de classes dont une salle d’étude, un large couloir servant de préau-vestiaire et deux espaces libres utilisés par les fillettes et les garçons comme cour de récréation. La municipalité de Savenay a fait procéder aux réparations et remises en état indispensables : blanchiement (sic), peintures, éclairages, chauffage, installation du téléphone ». (1)
Ces vieux bâtiments, bien connus des Savenaisiens, avaient abrité l’Ecole Normale à la fin du XIXème siècle et jusqu’en 1912 (ils ont servi longtemps de Poste et de Tribunal).
L’aménagement de ces locaux est, en effet, rudimentaire. L’extrémité d’un large couloir permet l’installation sommaire d’un bureau pour M. GRADAIVE, bureau qui fait suite à une classe, occupée par les nouveaux élèves rentrés en 1940. Pour accéder au bureau du Directeur il faut nécessairement passer par cette classe. Difficile, aux interclasses, d’oublier cette présence, sinon éclate une voix « Ah ! Ces gaillards, mes amis … ».
L’ancienne salle du Tribunal et une autre pièce séparée en deux par une mince cloison de bois, fournissent les trois autres classes.
Les garçons ont leur cour de récréation sur la place de la Poste, où ont également lieu les séances de gymnastique, à l’ombre des tilleuls. Les filles passent les interclasses sur la pelouse située côté gare, en même temps que les petits de l’école maternelle qui sont aussi venus échouer là.
M. GRADAIVE souligne, fin mai 1940, les inconvénients de cette situation : « Malgré l’insuffisance et l’incommodité des locaux de fortune dans lesquels les locaux sont installés, la discipline et le travail donnent satisfaction ». Mais il ajoute aussi : « il serait tout à fait souhaitable que l’Ecole puisse rentrer dans ses locaux habituels actuellement occupés par l’Ecole Normale. C’est l’un des buts poursuivis par la Municipalité, le Conseil Général et l’Administration Universitaire. » (le 24 mai 1940).(2)

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