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Témoignages

Témoignage de Christian Terpreau

Christian Terpreau est élève au lycée de Savenay de 1957 à 1960. Puis il part l’année scolaire 1960/1961 au lycée de Châteaubriant pour préparer le concours d’entrée à l’EN qu’il intègre l’année suivante. (promo 1962/1966).

Christian Terpreau a peu de souvenirs de son passage au lycée mais en revanche ses années de normalien ont laissé bien de souvenirs.

- Drôle de terrain de jeu.

Un évènement peu ordinaire s’est déroulé au cours de l’année scolaire 64 / 65 après une longue période pluvieuse.

M Auger, professeur de gym à l’EN, décide avec des élèves d’organiser un match de rugby au cours d’une séance de plein air.

Un élève pose le ballon au centre du terrain et se recule pour taper le coup de pied d’engagement. Au moment ou il s’apprête à frapper élève et ballon disparaissent à la vue des autres joueurs. Le centre du terrain de sport vient tout simplement de s’effondrer sur une surface d’environ 9m². Moment de stupeur passé tous se précipitent et sortent, sans dommage, l’élève de sa mauvaise posture.

Un grillage protégera l’affaissement de terrain plusieurs mois n’empêchant en rien les élèves de pratiquer foot et rugby. A cette époque les consignes de sécurité étaient quasiment inexistantes.

- Bizutage, triche et chahut.

Au cours de ces années 60 le bizutage était monnaie courante à l’EN. Les bizuts étaient nommés « Pics ». Chaque Pic (1e année) avait un « père pédagogique » (2e année) et un « grand-père pédagogique » (3e année) Le choix de ces 2 aînés étant conditionné par le numéro d’ordre au concours d’entrée à l’EN (Pic, père et grand-père portaient donc le même numéro)

Les « pères » jouaient un rôle de conseiller et de protecteur envers les Pics et, seuls, les grands-pères étaient autorisés à bizuter.

Voici quelques exemples de bizutage :

  • La Souris.

Cela se passait au réfectoire et était très impressionnant. Une voix s’élevait au fond du réfectoire en annonçant « attention la souris ». L’ancien frappait alors trois fois avec un couvert sur une bouteille et aussitôt tous les rationnaires (ils étaient alors plus de 150) plongeaient sous les tables et n’en ressortait qu’au second signal identique au premier. Une opération qui s’effectuait soit en présence d’un surveillant soit en présence du « père Macé » intendant de l’EN toujours la cigarette aux lèvres et qui venait régulièrement voir les rationnaires en leur demandant : « alors les gars c’est bon aujourd’hui… »

  • Le bizutage sportif et (ou) intellectuel.

Sur le principe des chaises musicales on ouvrait les 6 toilettes de la cour et une quinzaine de Pics après une course devaient s’y engouffrer. Le dernier arrivé était éliminé et ainsi de suite jusqu’au vainqueur de l’épreuve.

Il n‘était pas rare lors des études qui avaient lieu le soir entre 17 h 30 et 19 h 30 que les 3e années donnent aux bizuts une dissertation de 4 pages avec des sujets loufoques comme : « Décrivez une boule de billard sans parler de sa couleur et de sa forme. » ou encore : « Décrire la poursuite entre Anquetil (ou Poulidor) et un peloton de spermatozoïdes dans le col de l’utérus. »

Ce dernier sujet fut pris très à cœur un jour par un première année qui planchant sur ce sujet délicat ne vit pas arriver M Tronel le directeur qui lui passa un mémorable savon en découvrant à quel travail se livrait l’élève.

Outre les tâches inhérentes à leur statut d’interne (nettoyage des sanitaires, de la chambrée..) les normaliens effectuaient aussi des tâches plus générales comme le nettoyage du gymnase, du secrétariat….

A cette époque on passait une première partie de bac en première et une seconde partie en terminale.

Tous les trimestres en première comme en terminale il y avait une épreuve dite du bac blanc. Les professeurs préparaient des sujets sur lesquels planchaient les élèves. Des petits malins avaient évoqué avec les élèves de service au secrétariat la possibilité de recopier tel ou tel sujet qui pouvait leur tomber sous la main. Il va sans dire que ces préparations étaient sous clé. Une fois cependant les élèves de service au secrétariat découvrent le brouillon du bac blanc de sciences préparé par la professeur Mme Ballardini. Tous s’empressèrent de préparer au mieux l’épreuve de sciences. Oh surprise, le jour du bac blanc le sujet proposé par Mme Balardini était tout autre.

Ils furent nombreux à « se planter » comme on dit dans le jargon. Pour Christian Terpreau le doute subsiste : « Mme Balardini n’avait-elle pas voulu piéger ses élèves ? »

Une jeune professeur de français nouvellement arrivée affectionnait particulièrement les poèmes et récitations. Les normaliens avaient réussi par on ne sait quel tour à lui faire admettre qu’ils étaient tous timides et que se déplacer au tableau pour réciter un poème était une épreuve trop difficile. Ils avaient réussi à obtenir de cette enseignante qu’ils puissent soit écrire le poème soit le réciter de leurs places. Pour l’écrire il était facile de faire semblant et de remplacer le brouillon par le poème écrit à l’avance. En ce qui concerne la récitation de sa place l’élève arrivait à coller l’intégralité du texte dans le dos de son voisin de devant.

Un professeur d’histoire géo avait l’habitude de faire son cours en se déplaçant autour des tables et toujours suivant un rite immuable. Le « parcours » de ce prof avait été mesuré et chaque fois qu’il dépassait la distance un ou plusieurs élèves criaient « battu » dans l’incompréhension la plus totale du prof. Parfois on déplaçait quelques tables histoire de modifier le parcours du prof.

Autre tour de la part des normaliens avec ce professeur le changement d’élève. Le jeu consistait à échanger un élève avec celui de la classe voisine (porte de communication volontairement laissée entrouverte) lorsque le prof tournait le dos en poursuivant son périple. Le prof ne se rendant pas compte du changement d’individu.

Ce même professeur annonça un jour qu’il se mariait le samedi suivant et n’assurerait pas son cours du vendredi. Le lundi suivant il resta assis à son bureau et ne fit pas son habituel parcours. On imagine les commentaires des normaliens…

Des chahuts qui n’altéraient en rien le respect des élèves envers leurs professeurs.

Collaboration EN / Lycée.

A cette époque il existait un accord entre le lycée et l’EN afin que les terminales suivent des cours à l’école normale.

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